Aller au contenu

Loisir : et si vos enfants se mettaient au street fishing, une pêche moderne en ville ?

La pêche en milieu urbain fait de plus en plus d’adeptes, notamment parmi les jeunes. Nous avons suivi un petit groupe d’entre eux, de passage à Rennes, un « spot » réputé pour ses brochets. Leur plaisir : prendre un maximum de poissons puis les relâcher, sans intention de les blesser et encore moins de les manger. Rencontre avec ces amateurs du « no-kill ».

Crédit photo : Guirec Gombert
Le street fishing est une pêche active, sans temps mort.

Le rendez-vous avait été donné au niveau du pont Malakoff, à quelques encablures du centre-ville de Rennes. Arthur, animateur à la Maison pêche et nature d’Ille-et-Vilaine, nous y attendaient avec les sept jeunes qu’il encadre chaque mercredi après-midi. « Certains pratiquent depuis des années. Je suis là pour les aider à se perfectionner mais globalement ils sont autonomes ». Et efficaces ! A peine quelques lancers et Sidoine, 14 ans – le plus vieux de la bande -, réalise une première prise : un brochet « de taille moyenne », précise-t-il, pas mécontent.

> Truites, saumons, aloses, brochets, sandres… les canaux de Bretagne, paradis des pêcheurs

Les six autres jeunes n’ont pas attendu que le poisson soit remis à l’eau pour avancer le long de la Vilaine. C’est d’ailleurs le principe du street fishing, une pêche sportive, sans temps mort. Les jeunes lancent régulièrement leur fil de tresse (voir « Quel équipement ? plus bas), au bout duquel se balancent un leurre, qu’ils moulinent par à-coups afin d’imiter la nage erratique des poissons.

Street fishing, mais de quoi parle-t-on exactement ?

Littéralement, « street fishing » se traduit par pêche de rue. Pourtant, tous les pêcheurs en ville ne se reconnaîtraient pas dans cette pratique. Les passionnés de street fishing se distinguent des pêcheurs traditionnels parce qu’ils pêchent essentiellement aux leurres mais surtout parce qu’ils relâchent systématiquement leurs poissons. Une pêche également appelée « no-kill », où le poisson est remis à l’eau dans les meilleures conditions possibles pour lui permettre de survivre.

Jouer avec l’environnement urbain

En ville, comme ailleurs, le jeu pour un pêcheur consiste à traquer les poissons. En milieu urbain, on lance en direction des piliers des ponts et on place sa canne à proximité des péniches, là où l’eau est plus chaude.

Selon le poisson recherché, il suffit de changer de leurre. Les plus gros sont réservés aux brochets dont la taille peut dépasser les 100cm. A Rennes, c’est une proie relativement facile, tant il est représenté. Ce jour-là, les enfants en pêcheront deux. Et quand le brochet ne mord pas, les street fishers se mettent à taquiner les perches. Ronan, 12 ans, en a attrapera une en pêche linéaire, une technique qui consiste à ramener le leurre de manière continue au moulinet. « C’est un beau poisson, ça fait ma journée ! »

En images

« Je ne pourrais pas les tuer »

Évidemment la pêche aux leurres n’est pas réservé aux habitants des centres-villes. Mais elle s’y prête parfaitement. Il suffit de glisser une petite canne à pêche dans son sac à dos, quelques leurres et le tour est joué. Surtout les poissons mordent suffisamment pour ne pas s’ennuyer. « La pratique est à la mode. C’est facile et même un salarié peut aller pêcher directement après le travail, sans se changer », souligne Arthur. Clairement, les enfants n’étaient pas les seuls à pêcher le long de la Vilaine ce jour-là. Le fait de relâcher le poisson est aussi pour beaucoup dans ce nouvel intérêt pour la pêche. « Les mentalités ont évolué et dorénavant les pêcheurs savent qu’il faut préserver les stocks ».

Une carte de pêche est obligatoire pour pêcher en eau douce (lacs, rivières, canaux, etc.), mais pas pour la pêche en mer. Cette carte sert à financer des aménagements pour les pêcheurs, l’entretien des cours d’eau et à leur empoissonnement. Elle peut être achetée à la journée, à la semaine ou à l’année.

A l’année, elle coûte 100 € pour un adulte et permet de pêcher partout en France (80 € pour pêcher dans un seul département).
Pour les enfants de moins de 18 ans, la carte annuelle France coûte 21 €, et pour les moins de 12 ans, elle revient à 6 €.
A noter : pour inciter les femmes à pêcher, une carte découverte leur est proposée à 35 €.

Pour les enfants, au-delà des convictions, la pêche est surtout un jeu. C’est à celui qui « en pêchera le plus et le plus gros », explique Corantin, 12 ans, à la recherche de la « montée d’adrénaline quand ça mord ». Néanmoins, tous les jeunes street fishers sont unanimes : pas question pour eux de manger leur pêche. « Je ne pourrais pas tuer les poissons », jure Léo, 12 ans également. De toute façon, depuis septembre, la municipalité de Rennes en a interdit la consommation en raison du développement de la cyanophycée, une micro-algue produisant des toxines à l’origine de troubles intestinaux, dermatologiques voire neurologiques…

Un rajeunissement des adhérents

Le street fishing a aussi ses adeptes sur Instagram (plus de 200 000 publications pour le hashtag #streetfishing), un réseau social qui a participé au regain d’intérêt pour la pêche, en recul depuis une trentaine d’années. Le contexte sanitaire a également joué en faveur de la pêche : autorisée pendant le Covid, sa pratique n’a pas été trop impactée pendant cette période. Mais surtout, depuis l’arrêt des confinements, le nombre de nouveaux adhérents attirés par une activité au grand air est en nette progression. Sur les trois dernières années, la Fédération nationale de la pêche en France a enregistré une hausse de 3 % des inscriptions, notamment des moins de 18 ans (+7 %), qui représentent désormais près du quart des pêcheurs en France. Un engouement partagé par nos sept street fishers qui, à les voir s’amuser, est bien parti pour durer.

> A la recherche d’activités extérieures ? Les canaux bretons sont propice à des balades, des découvertes et des rencontres en tous genres. Suivez le guide !

On pêche quoi – et quand – dans la Vilaine ?

La pêche aux leurres permet de pêcher des carnassiers comme le brochet, la sandre, la perche ou le silure. Avec des appâts, les pêcheurs peuvent attraper du gardon, des carpes, de la tanche ou encore de la brème.

Les carnassiers se pêchent de fin avril à fin janvier, à l’exception de la sandre, de mi-mai à fin janvier. Quant aux poissons blancs, avec appâts, ils se pêchent toute l’année.

Quel équipement pour la pêche en ville ?

Pour s’essayer au street fishing, il faut au minimum :

– une canne de 2,10 mètres, idéalement démontable pour pouvoir la glisser dans un sac à dos,
– un moulinet de taille 2 500, parfait pour s’initier à la pêche aux leurres des carnassiers en eau douce,
– un assortiment de leurres souples et durs, pour pêcher différentes espèces de poissons,
– de la tresse comme fil de pêche de 10/100 ou 15/100 pour un ressenti optimal.

Pour cet équipement, comptez entre 100 et 150 €.

Partager :

Avis et actualités